La légende du Sacré de Birmanie
Le Sacré de Birmanie est un chat entouré de mystère et de symboles.
Depuis des siècles, plusieurs légendes racontent son origine, mêlant spiritualité, fidélité et transformation.
Ces récits, transmis au fil du temps, font partie intégrante de l'histoire et de l'aura si particulière de cette race.
La légende des temples birmans
La légende la plus célèbre nous est rapportée par la plume de l’écrivaine Marcelle Adam, romancière qui posséda Manou de Madalpour, l’un des premiers Sacrés de Birmanie reconnus en Europe, vers 1926.
Selon la légende, des chats couleur du sol vivaient autrefois dans un temple birman.
Un chat en particulier nommé Sinh était oracle du Lahma Kittah (grand prêtre) Mun-Ha.
Dans ce temple, la vie était consacrée au Dieu Song-Hio, et à la contemplation de Tsun-Kyan Kse, la déesse aux yeux de saphir, celle qui préside à la transmutation des âmes et permet à un kittah de revivre dans un animal sacré avant d’atteindre la perfection totale.
Lorsqu'un jour le grand prêtre Mun-Ha fut attaqué par des Phoums (Thaïs), son chat Sinh se plaça sur son corps sans vie.
A cet instant, le pelage de l'animal prirent la couleur de la déesse : blanc doré, et ses yeux devinrent bleus profonds.
Ses pattes, qui touchaient le crâne du Vénérable, se parèrent de gants blancs, symbole de pureté.
Après avoir refusé de manger durant sept jours, de tristesse il rejoint son maître.
Le lendemain, les autres chats du temple auraient alors connu la même transformation : robe d’or, gants blancs et yeux saphir, devenant les gardiens sacrés du lieu et choisissant le successeur de Mun-Ha, en entourant un jeune Kittah, nommé Ligoa.


La légende de la fidélité éternelle
Une autre version raconte que le Sacré de Birmanie serait né d'un lien de fidélité absolue entre un moine et son chat.
Il serait originaire de l’Ouest de la Birmanie, et des chats aux gants semblables apparaîtraient sur d’anciens documents thaïlandais.
Dans un temple nommé Lao-Tseu se trouvait des chats vénérés en tant que chats sacrés, des chats ressemblant étrangement à des Sacrés de Birmanie...




Une race marquée par le sacré
Quelle que soit la version, toutes les légendes s'accordent sur un point :
le Sacré de Birmanie est présenté comme un chat calme, bienveillant, porteur d'une forme de sagesse et de sérénité
Ces récits ont traversé le temps et continuent aujourd'hui d'enrichir l'imaginaire autour de cette race si particulière.

Entre croyances anciennes et faits historiques, la frontière reste parfois floue…
La réalité derrière la légende
Peu à peu, les récits mythiques laissent place à des traces historiques plus concrètes.
C'est au début du XXᵉ siècle, entre les années 1919 et 1930, en France, que l'histoire du Sacré de Birmanie devient tangible.
Les documents disponibles mentionnent l'arrivée en France, vers 1919-1920, d'une femelle colourpoint à poil long nommé Sita.
Elle est souvent présentée comme ayant été importée d'Asie, bien que l'absence de documents officiels ne permette pas d'en retracer précisément l'origine géographique.
Un mâle nommé Madalpour est également cité dans les récits de fondation.
Selon les sources, il serait mort peu de temps après sont arrivée en Europe, ce qui expliquerait son absence dans les lignées ultérieurs.
Aucune preuves formelle ne permet toutefois de confirmer son existence ou son rôle exact.
De l'union de Sita serait née une femelle appelée Poupée de Madalpour, vers 1921.
Cette chatte est, quand a elle, historiquement attestée et figure dans les premiers pedigrees connus.
Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des véritables piliers génétiques de la race.




Le rôle des éleveurs français
La structuration du Sacré de Birmanie doit beaucoup au travail de plusieurs passionnés français, parmi lesquels le vétérinaire Dr Philippe Jumaud, qui participera à la diffusion et à la reconnaissance de ces chats atypiques.
Il faudra attendre les années 1925 - 1930 pour que le Sacré de Birmanie soit reconnu dans les expositions félines françaises.
C'est également à cette période que Marcelle Adam, écrivaine et éleveuse, propriétaire de Manou de Madalpour, descendant de Poupée de Madalpour, contribuera à populariser la race.
Poupee de Madalpour et ses chatons


Le croisement Siamois x Persan
Comme de nombreuses races félines, le Sacré de Birmanie est presque anéanti pendant la Seconde Guerre mondiale.
A la fin du conflit, il ne subsiste que quelques sujets reproducteurs.
La reconstruction de la race s'effectue alors à partir de croisements contrôlés avec des Siamois et des Persans, suivis d'une sélection rigoureuse visant à retrouver la morphologie équilibrée, le caractère typique et la régularité des gants blanc.
C'est ce travail de sélection qui nous a permis de stabiliser définitivement la race telle que nous la connaissons aujourd'hui.
D'autres versions historiques
D'autres hypothèses "historiques" existent également :


il existait un diplomate et explorateur français du nom d'Auguste Pavie. Certaines versions racontent qu'il était ami avec un certain Major britannique Gordon Russell. Ces derniers aurait reçu comme cadeau des chats sacré de la part de prêtres des temples Khmers.
d’une autre source, des chats sacrés auraient été volés par un serviteur peu scrupuleux d'un temple, pour être vendus à un millionnaire américain : M. Vanderbilt, voyageant en Extrême-Orient.
Aucune de ces versions ne peut être affirmée avec une certitude absolue, ce qui contribue au mystère entourant l'origine de la race.

Qu'importe les croyances ou les explications, l'apparition du Sacré de Birmanie reste entourée de mystère.
Entre légendes sacrées et histoire plus terre à terre, ce chat continue de fasciner, comme s'il portait encore en lui une part de son origine secrète.


Et le lotus bleu...
Le lotus bleu, symbole de sagesse, de sérénité et de mystère, fait écho à l'histoire du Sacré de Birmanie.
Comme cette fleur rare, ce chat semble évoluer entre le visible et l'invisible, entre ce que l'on sait... et ce que l'on ressent.

